La rage

La rage reste une maladie très répandue dans le monde, responsable de milliers de morts chaque année. Elle est le plus souvent transmise par les chiens En Europe, les chauve-souris, qui hébergent des virus différents de ceux du chien ou du renard sont de plus en plus surveillées. La maladie est mortelle en l’absence de traitement : les personnes ayant été en contact avec des animaux suspects sont donc systématiquement traitées (près de 4000 traitements en 2003).

Epidémiologie

La rage est à l’origine de quelque 50 000 décès annuels dans le monde, le plus souvent suite à une infection transmise par un chien enragé. Aucun cas de rage humaine acquise sur le territoire français n’a été rapporté depuis 1924. Mais des cas humains acquis hors du territoire français et diagnostiqués en France ont été recensés : depuis 1970, 20 cas humains sont survenus et le nombre de voyageurs traités contre la rage après avoir été mordus dans une région du monde où cette maladie est endémique a plus que doublé en 20 ans. Des précautions sont donc à prendre vis à vis des animaux sauvages et domestiques pour les voyageurs en zone d’endémie (Asie, Afrique, Europe Centrale, Moyen-Orient, Amérique du Sud…). De plus, des importations illégales d’animaux enragés sont régulièrement recensées (22 cas de 1968 à 2004). A titre d’exemple, une chauve-souris importée en 1999 a entraîné plus d’une centaine de traitements anti-rabiques. Plus récemment, près de 200 traitements anti-rabiques ont été administrés aux personnes en contact avec un chien importé illégallement du Maroc en Aquitaine en août 2004.
En France, la rage du renard a été officiellement éliminée en 2001. Le dernier cas de rage « vulpine » a été diagnostiqué en Moselle en 1998. L’épizootie avait atteint le territoire français en 1968, provenant d’un foyer polonais. Elle a pu être éradiquée grâce à la vaccination orale des renards, distribuée sous forme d’appâts. Aujourd’hui, les seuls risques de contamination autochtones sont dus à des animaux importés ou à des chauve-souris (20 d’entre elles ont été diagnostiquées positives pour la rage entre 1989 et 2004), bien que l’efficacité du passage du virus de cet animal à l’homme semble faible. Mais les scientifiques redoutent l’apparition possible de nouveaux variants viraux présentant une infectiosité bien supérieure pour l’homme, comme c’est le cas actuellement aux Etats-Unis.

La maladie

Le virus de la rage (genre Lyssavirus) est présent dans la salive de l’animal (chien, animal sauvage…) en fin de maladie. Rappelons que la rage n’est pas une maladie contagieuse d’homme à homme. L’homme ou l’animal est contaminé par morsure, griffure ou léchage sur la peau excoriée ou sur une muqueuse. Le virus rabique est neurotrope : il modifie le fonctionnement du système nerveux. Il ne provoque pas de lésions physiquement visibles dans le cerveau mais perturbe les neurones, notamment ceux qui régulent des fonctionnements rythmiques comme l’activité cardiaque ou la respiration. Après quelques jours à quelques mois d’incubation, l’individu atteint développe un tableau d’encéphalite. La phase symptomatique débute souvent par une dysphagie (difficulté à avaler) et des troubles neuropsychiatriques variés, notamment l’anxiété et l’agitation. L’hydrophobie est parfois présente. L’évolution se fait vers le coma et la mort (souvent par arrêt respiratoire) en quelques jours à quelques semaines. L’issue est toujours fatale en l’absence de traitement après exposition ou lorsque la maladie est déclarée.

Le traitement

Le traitement post-exposition commence par un traitement non spécifique : nettoyage des plaies, antibiothérapie, prophylaxie antitétanique. Il est suivi d’un traitement spécifique, bien toléré, qui comprend la vaccination, avec une sérothérapie antirabique dans certains cas, et doit être effectué le plus rapidement possible après exposition, avant l’apparition des premiers symptômes qui signe une évolution inexorablement fatale. Il consiste en 4 ou 5 injections intra-musculaires réparties sur un mois.
En 2003 en France, près de 4000 personnes ont reçu un traitement après exposition. Cela ne signifie pas que ces personnes aient été contaminées, mais qu’une suspicion existait, impliquant l’application du principe de précaution.

A l’Institut Pasteur

Le Centre National de Référence de la Rage à l’Institut Pasteur, également Centre Collaborateur pour l’O.M.S., assure la surveillance épidémiologique de la rage en France. Il effectue chaque année plus d’un millier d’analyses de prélèvements humains ou animaux suspects et coordonne le vaste réseau de Centres de traitement antirabique (74 centres et 5 antennes répartis sur le territoire français). Le Centre de traitement antirabique du Centre Médical de l’Institut Pasteur a assuré en 2003 près de 1300 consultations et 630 traitements post-exposition.

L’Institut Pasteur est une fondation privée à but non lucratif dédiée à la recherche biomédicale, à la santé publique et à l’enseignement. Près de 2600 personnes travaillent sur son campus à Paris, où une grande partie des recherches est axée sur les maladies infectieuses. Son budget dépend de la générosité du public : pour aider la recherche à l’Institut Pasteur, consultez nos pages « dons et legs ».

source: http://www.pasteur.fr/

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